Au cours de mes consultations, un sujet comme la masturbation revient très régulièrement dans les séances de sexologie, faisant même comme objet une demande à part entière. En termes de communication, il n’est pas chose aisée que d’aborder cette thématique. Le simple fait d’évoquer ce mot commun « masturbation », manifeste des sentiments gênants, une attitude corporelle retirée, voir même un peu effacée, suivi d’un léger rougissement des pommettes. On en déduit que la résonnance du terme laisse apparaitre de multiples sensations et images qui ne laisse pas sans effets. Un grand nombre de questions tel que : est-il normal de se masturber ? combien de fois ? comment faire ? peut-on le faire quand on est en couple et est ce bien pour notre sexualité conjugale ? j’ai découvert que mon enfant se masturbe, que dois-je faire ? etc… Tous ces questionnements démontrent bien, la méconnaissance autour de la masturbation ainsi que l’ignorance éducative à celle-ci.

On ne peut que constater, que la masturbation fait encore partie des tabous et des interdits. De nos jours, elle cause des affects, des ressentiments honteux issues de traditions éducatives, socioculturels et même parfois religieuse. Ces idées préconçues séjournent endormies, dans un préconscient en attente de reconnaissance ou dans un déni de désirs pulsionnels qui poussent à la satisfaction de ces besoins, sans que l’on puisse entendre les voix intérieures du corps biologique. L’ambiguïté, le doute suspendu à l’acte masturbatoire, laisse le corps un peu mièvre, dans l’appréhension d’un simple toucher génital. Le corps-psyché est marqué de limitations de toutes parts, empêchant l’épanouissement sexuel individuel. Il n’est pas rare, que certains de mes patients me révèle qu’ils ne peuvent pas aborder un tel sujet au sein de leur proche, leur partenaire afin d’expliquer et d’exprimer clairement les ressentis de ces controverses. Le simple fait de vouloir se confier au sujet de la masturbation suscite et invite à des conversations tournant à la dérision, laissant place à quelques blagues d’humour un peu sadique à la chose. Dans le contexte éducatif, l’adolescent qui ose revendiquer sur ce thème se verra ignoré, l’autorité parentale invitera l’enfant a changer de sujet, moralisant les très jeunes sur un geste impur, sale et déplacé. Peur du jugement, peur de faire mal, peur des conséquences, peur de sa propre intimité corporelle, et bien non !!! la masturbation ne rend pas sourd !!! au contraire, elle fait partie d’une très bonne pratique de santé sexuelle.

LES BIENFAITS MASTURBATOIRES

On peut dire d’après des études relativement récentes, que la quasi-totalité des hommes se masturbe à 90% quotidiennement et que 60% des femmes annoncent s’être déjà adonnées à l’auto-érotisme de façon régulière, contre seulement 40% d’entre elles qui ont recours à la masturbation et aux caresses génitales une fois par trimestre. Aujourd’hui, la masturbation reste de loin, la première activité sexuelle faite par les deux genres du sexe.
Est-ce bien de se masturber ? à cette question, je répondrais oui et en tout cas, il n’est pas anormal de le faire et d’en sentir le besoin. La pulsion sexuelle est un ressenti que tout individu éprouve depuis les premiers instants de la vie infantile. Certaines personnes répondent parfaitement bien à ce besoin et se masturbent de façon naturelle déclenchant ainsi le plaisir nécessaire assouvissant le désir. Quant aux personnes qui ne se masturbent pas, il n’est pas questions de les culpabiliser pour autant, car les croyances sont fixées depuis le développement psycho-sexuel de l’enfant dans une autorités parentales psychique (surmoi) moralisateur du bien et du mal, en lien avec l’éducation socio-culturel et familiale que j’ai énoncé dans le paragraphe précité.
Bien au-delà du simple fait de se caresser aux niveaux des parties génitales et zones érogènes reflexes, l’auto-érotisme permet de découvrir la notion de plaisir. La masturbation se veut avant toute chose un moyen de capacité à explorer son corps, à reconnaitre ses délimitations intra ou extra-structurelle de l’enveloppe corporelle, psychique et fonctionnel. L’éveil du désir, l’éveil des sens font partis de l’expérience à la subjugation érotique du corps. Au même titre que d’autre initiation éducative, on peut ainsi dire que l’acte masturbatoire fait partie de l’école d’apprentissage, afin de maitriser toutes les composantes de sa propre sexualité, perçu et vécu différemment pour chaque individu au cours de son développement. Les recherches des stimulations diverses et variées sur les zones érogènes apportent non-seulement à faire évoluer le contrôle de son sexe, a asservir la pulsion libidinale et à répondre à la vague du plaisir pour entrer dans un jeu de danse sensuel et découvrir ses jouissances individuelles pour aboutir ou non à l’orgasme.
Les bienfaits attribués aux plaisirs des caresses et à l’orgasme sont multiples. Beaucoup de personnes doutent encore de cela, alors qu’il est prouvé par de nombreuses recherches qui démontrent les valeurs positives de celles-ci, de l’interaction comportementale intellectuelle qui lui son alloué. En premier lieu, le plaisir sexuel masturbatoire est le meilleur moyen de se déstresser, de se détendre permettant de libérer d’un trop plein de tension quotidiennes. Il sera intéressant de voir que la masturbation aide à mieux s’endormir, l’orgasme libère les hormones du plaisir (ocytocines) et les hormones d’endormissement (endomorphines). En dehors de ces principes de bases à la santé, il est important de connaitre que la masturbation aide aux renforcements des muscles génitaux, périnéaux et au maintient de la libido, l’énergie sexuelle qui en résulte favorise l’envie.
Aujourd’hui, l’auto-érotisme fait parti de l’apprentissage et des techniques sexo-comportementales dans les troubles du désir et les difficultés de dysfonctions sexuelles. La proposition d’explorer et de toucher aux sources originelles de la libido permet d’entretenir le désir, de plonger au cœur de sa propre intimité sexualité sensuelle, afin de laisser émerger les scénarios fantasmatiques aux jeux de l’amour et l’abandon de soi.

LA PRATIQUE MASTURBATOIRE DANS LE COUPLE

Dans la pratique sexuelle du couple, il arrive régulièrement que la masturbation s’arrête et laisse penser que la sexualité de couple va remplacer entièrement celle du célibat ou de l’intimité propre. La pensée humaine intègre comme vérité, que le ou la partenaire doit combler toutes ces pulsions, même les plus intempestives. C’est souvent le cas chez la femme qui prend très mal le fait que son compagnon s’adonne à son propre plaisir et de l’assouvir jusqu’à l’éjaculation. Elles pensent, qu’elles n’ont plus leur place dans le fonctionnement sexuel a deux et que le besoin satisfait sans elle est une sorte de trahison, se sentant indésirables, voir délaissées.
La masturbation est essentielle à la vie sexuelle du couple. On peut dire que chaque individu à deux vies sexuelles, l’une qui est intime et individuel et l’autre à deux conjointement. On ne peut pas avoir une sexualité épanouie sans se masturber en parallèle. Tous simplement parce que chaque individu à des pulsions et des envies qui ne sont pas toujours assouvis en couple. Pour la raison naturelle des choses qui sont que les femmes et les hommes ne ressentent pas toujours le désir et l’envie au même moment et que celui-ci n’est pas disponible à cet instant. De cette façon on peut mieux comprendre qu’il est naturel et sain de pouvoir s’adonner à l’auto-érotisme. La masturbation est un jeu sensuel avec soi-même et vivre sa sexualité intime librement permet d’inclure la masturbation comme variété de jeux érotique consentis à l’échange amoureux. Par conséquent mettre la masturbation au cœur de la communication amoureuse et sexuelle permet de sortir du poids des culpabilités et des croyances limitantes accabler par des schémas mentaux automatiques. La masturbation reste un jardin secret que chaque individu doit vivre seul, dans un endroit tranquille pour assouvir cette pulsion. Cela n’enlève rien au plaisir de l’échange amoureux avec son ou sa compagne comme a son habitude. En générale la masturbation prend une part importante dans la vie sexuelle et contribue fortement à un bon épanouissement de la sexualité et un bonheur de santé sexuel.

Un petit conseil :

Il est important d’éviter de vous masturber devant votre partenaire, surtout si elle ou s’il n’est pas prêt à vivre l’expérience. Il est nécessaire de ne pas culpabiliser son conjoint, de communiquer ouvertement à ce sujet. Peut-être à un moment donné, quand la personne sera prête, elle pourra alors progresser dans sa propre évolution. Dans ce cas, la personne se sentira à l’aise afin d’entreprendre un travail volontaire interne sur la masturbation, et elle pourra demander l’aide d’un sexologue pour des conseils dans la pratique.